Comment les Français ont-ils constitué la Russie en objet de savoir ? Derrière cette question apparemment simple se cache un chantier considerable, que Vincent A. Lépinay et Estelle Lezean ont entrepris de défricher dans un ouvrage aussi ambitieux qu’original. Fruit d’une véritable enquête au long cours, ce travail de plus de 500 pages explore « la première tentative d’étudier de manière systématique et approfondie la production de ces variétés de discours sur la Russie, des plus articulés aux plus fragiles, entre 1880 et 2024, période pendant laquelle l’objet d’étude a subi des changements massifs et répétés ».
Le sous-titre choisit d’ailleurs d’arrêter le curseur au 24 février 2022, signalant que l’invasion de l’Ukraine marque à la fois un nouveau changement et une inflexion dans la manière de produire du savoir. Au croisement de l’histoire des idées, de la sociologie des sciences et des humanités numériques, Connaissances françaises de la Russie renouvelle en profondeur notre compréhension de la façon dont l’université française, ses institutions et ses acteurs ont appréhendé la Russie au long d’un siècle marqué par des bouleversements politiques et épistémologiques majeurs.
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