Ouzbékistan : concilier essor économique et résilience climatique (MILLET – Eurasia Prospective)

Diplômée du master « Politiques publiques » de Sciences Po Paris, Pauline Millet s’est spécialisée en relations internationales et développe une expertise à l’intersection des enjeux globaux et des politiques publiques.

En arrivant à Tachkent, ce qui attire d’abord le regard, ce sont les chantiers sortant de terre, les grands travaux pour bétonner les axes routiers et les convois de camions qui empruntent les routes de la soie, dénotant le développement accéléré du pays. Pourtant, hors des villes, les paysages sont désertiques, traversés par des bras de rivières asséchées et des troupeaux de moutons qui broutent de l’herbe sèche, un fort contraste avec la capitale et les régions agricoles.
L’Ouzbékistan, né en 1991 suite à l’éclatement de l’Union soviétique, a conduit à partir de 2017 d’importantes réformes économiques qui lui ont permis de connaître une croissance sans précédent. Toutefois, l’industrialisation et l’augmentation de la population génèrent un besoin accru en eau alors que le pays souffre déjà de la sécheresse. Son territoire est composé en grande partie de steppes et de désert, les températures se rapprochent chaque année des 50°C en été et le débit des fleuves se réduit.
Dès lors : Comment l’Ouzbékistan, qui connaît une forte croissance économique, innove-t-il pour s’adapter au changement climatique ? L’Ouzbékistan connaît un développement accéléré qui fait de l’eau une préoccupation première (I). Il s’appuie sur la coopération internationale pour financer des projets lui permettant de s’adapter à ce changement (II). La sécheresse touche aussi les autres pays d’Asie centrale, ce qui est un sujet de tensions et donne lieu à des négociations pour une gestion concertée (III).

Tachkent (©Pauline Millet)

1/ Un pays en développement économique accéléré mais contraint par le manque d’eau
L’Ouzbékistan est l’un des cinq pays d’Asie centrale issus de l’éclatement de l’URSS. Son économie a été façonnée par les choix faits pendant la période soviétique, notamment la culture intensive du coton, dont il est devenu le 5ème producteur mondial. Les années qui ont suivi l’indépendance en 1991 ont été particulièrement difficiles, à cause de la sortie d’une économie planifiée qui a déstabilisé les chaînes de production et de l’ouverture à la concurrence en l’absence d’acteurs privés.
De 1991 à 2016, le pays est resté relativement fermé, gouverné par le Président Islam Karimov, ancien cadre soviétique. A sa mort, son successeur Shavkat Mirziyoyev a initié des réformes pour libéraliser l’économie, stimuler les initiatives privées et attirer les investissements étrangers. Le pays a ainsi connu une croissance économique sans précédent qui a atteint un pic de 7,4% en 20211. La population est passée de 8,5 millions en 1960 à 36 millions en 2022, soit une hausse de plus de 300%, faisant de l’Ouzbékistan le pays le plus peuplé et le plus jeune d’Asie centrale2.
Aujourd’hui, l’Ouzbékistan mène une politique d’ouverture. Il maintient des relations avec ses voisins (la Russie et le Kazakhstan) tout en développant les échanges avec la Chine sur le tracé des routes de la soie, la Turquie et plus récemment avec les pays Européens. Par exemple, il a investi pour remplacer les wagons soviétiques par un train à grande vitesse fabriqué en Espagne, l’Afrossyab. En 2023, plusieurs contrats ont été signés avec des entreprises françaises dans les domaines de l’agroalimentaire, de l’eau et de l’électricité3.

Camions sur les routes de la soie (©Pauline Millet)

Ce développement accéléré accroît cependant les besoins en énergie et en eau du pays, qui souffre de la sécheresse. Le territoire de l’Ouzbékistan est composé en grande partie d’espaces désertiques et seulement 10% des terres sont exploitables pour l’agriculture. Les températures dans la steppe varient de -20°C en hiver à 45°C en été, s’approchant chaque année davantage des 50°C.
La majeure partie des ressources en eau proviennent des glaciers du Pamir, au Tadjikistan et au Kirghizistan. Ce massif comporte des géants comme le glacier Fedtchenko, qui alimentent l’ensemble de l’Asie centrale via les fleuves Amou Daria et Syr Daria (cf. carte). D’après l’ONU et le GIEC4, ces glaciers perdent environ 1 à 1,5% de leur superficie chaque année, réduisant le débit des fleuves5.
Par ailleurs, la culture intensive du coton décidée pendant la période soviétique a nécessité de grands travaux d’irrigation. Les canaux étant creusés dans la terre sans revêtement, près de la moitié de l’eau est perdue par infiltration. Ainsi, l’Amou Daria et le Syr Daria qui s’écoulaient auparavant jusqu’à la mer d’Aral ne peuvent aujourd’hui plus l’alimenter. Cet immense lac de 68 000 km2 qui était le quatrième plus grand du monde a été asséché en quelques décennies seulement, il ne conserve que 20% de sa superficie initiale.

Carte de l’Ouzbékistan – fleuves, rivières et barrages

2/ Des mesures innovantes pour s’adapter au changement climatique
Le développement de l’économie, la consommation en eau de l’agriculture et l’augmentation des besoins de la population ont généré une prise de conscience pour mettre en place des stratégies d’adaptation. Elle se manifeste par l’apparition d’un parti écologiste, par la création d’un nouveau ministère pour l’agriculture et l’eau en 20186, ainsi que par l’adoption d’une loi sur la gestion de l’eau en 2003.
Des moyens supplémentaires ont également été alloués pour mener une série de projets en collaboration avec des partenaires internationaux. L’Ouzbékistan a par exemple reçu des financements de la Banque Mondiale, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’AFD (Agence Française de Développement) a investi 1,3M€ en Ouzbékistan depuis 2016.
Ces financements ont été utilisés pour optimiser les systèmes d’irrigation, en imperméabilisant les canaux et en installant des dispositifs de goutte à goutte. Le plus grand chantier concerne le canal de Bustan au sud du Karakalpakstan (cf. carte). Les travaux ont permis de cimenter 70km de canaux et devraient réduire la consommation d’énergie car l’irrigation se fait grâce à la déclivité du terrain : le canal est surélevé au-dessus du niveau des champs et l’eau s’écoule par gravité 7.

Travaux d’imperméabilisation sur le canal de Bustan (source : Euronews)

Dans la région de la mer d’Aral, la plantation d’arbustes résistant à la sécheresse (le saxaoul noir) a permis de limiter la désertification de la zone8. Ce projet vise à restaurer progressivement un écosystème pour retenir le sable et le sel qui, déplacés par le vent, détériorent les terres et empêchent les cultures. L’Ouzbékistan teste également l’introduction de plantes adaptées aux conditions de salinité pour l’agriculture9.
D’autres mesures produiront probablement des effets dans la durée, comme la décision du gouvernement de libéraliser le secteur de l’agriculture. Cette réforme a mis fin au contrôle de l’Etat sur l’exploitation du coton et au travail forcé dans les champs. Son but était de rendre l’agriculture plus viable et moderne en mobilisant des financements privés. Elle donne ainsi la possibilité aux agriculteurs de cesser la production de coton et de s’orienter progressivement vers d’autres cultures moins consommatrices en eau10.
Enfin, l’Ouzbékistan a pris des engagements dans le cadre de la coopération internationale pour limiter l’impact du changement climatique. Il a prévu d’augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique à hauteur de 25% d’ici 2030, alors qu’actuellement la production d’électricité est assurée en grande partie par des centrales à gaz et à charbon11. Il investit dans les secteurs de l’énergie solaire (extension de la centrale Tutly), éolienne (développement d’un parc dans la région de Navoi et de Boukhara) et hydroélectrique.

Bateaux dans la mer d’Aral asséchée (source : AFD)

3/ Vers une nouvelle gouvernance de l’eau en Asie centrale ?
Le droit international issu des traités et de la coutume fixe de grands principes pour une répartition équitable de l’utilisation des eaux : les pays qui se trouvent en amont sur le cours d’un fleuve (Kirghizstan, Tadjikistan) ne peuvent pas détourner les eaux en empêchant la desserte totale des pays en aval (Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan)12. Cependant, il n’existe pas de cadre juridique régional permettant de formaliser cette répartition.
En effet, la gestion de l’eau entre les pays d’Asie centrale repose sur des accords hérités de la période soviétique. A l’époque, les Etats actuels n’existaient pas et la gestion de l’eau était mutualisée, Moscou régissant les quantités allouées à l’amont et à l’aval. Depuis la fin de l’URSS et les accords d’Almaty en 1992, il n’y a pas eu de nouveau traité signé, ce qui génère des tensions et des conflits d’usages.
Par exemple, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan ont été pendant longtemps en désaccord sur le barrage de Rogun, un immense projet prévu par le Tadjikistan pour exploiter le potentiel hydroélectrique de la rivière Vakhch, affluent de l’Amou Daria. L’Ouzbékistan, dépendant du fleuve en aval, s’est opposé au projet pendant plusieurs décennies. En 2010, les tensions ont atteint un pic avec des menaces réciproques, mais après la mort d’Islam Karimov en 2016, l’Ouzbékistan a changé de position et le barrage a finalement été inauguré en 201813.
Désormais, les deux pays s’entendent sur la nécessité d’un dialogue pour une gestion coordonnée de la ressource en eau et de l’énergie hydroélectrique. Ils ont développé des projets communs, notamment deux centrales électriques sur la rivière Zeravchan, qui alimente Samarcande en aval. Pour construire et exploiter ces centrales, ils ont décidé de créer une société mixte. Le sujet de l’eau a donc pris une place plus importante dans leur relation bilatérale, sans que cela donne naissance à un cadre juridique plus large.

Glaciers du Pamir au Tadjikistan (source : Google image)

D’autres tensions émergent avec l’Afghanistan, qui a lancé en 2022 la construction du canal de Qosh Tepa sur le cours de l’Amou Daria. Ce chantier, long de 285 km, a pour but de mettre en culture la province de Mazar-e-Charif, une région désertique au nord du pays. Les Talibans ont de nombreuses motivations pour poursuivre ce projet sur le plan à la fois économique, alimentaire, ou pour produire de l’énergie hydroélectrique.
Cependant, les méthodes de construction utilisées ne comportent pas de revêtement et le gouvernement ouzbek craint que la construction du canal assèche le fleuve, dont le débit pourrait être réduit de 15%, voire de moitié d’ici 5 ans14. La difficulté de mener des négociations réside dans le fait que l’Afghanistan n’a jamais été inclus dans les accords pour la gestion des eaux et que le régime des Talibans n’est pas officiellement reconnu par l’Ouzbékistan.
Toutefois, les Talibans ont un certain intérêt à maintenir une coopération avec leurs voisins, pour atténuer la situation d’isolement dans laquelle se trouve l’Afghanistan et le manque de ressources énergétiques. Des échanges réguliers ont donc lieu avec l’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Pour l’instant, ces discussions n’ont pas abouti mais elles ont permis d’aborder la question de l’interconnexion des réseaux et l’utilisation de techniques plus modernes, afin d’empêcher l’assèchement du fleuve15.

Steppe et cours d’eau à sec vues du ciel (©Pauline Millet)

Conclusion :
Ainsi, l’Ouzbékistan est un pays contrasté entre développement économique accéléré et ressources en eau contraintes. La sécheresse causée par le changement climatique a été aggravée par les choix agricoles faits pendant la période soviétique, notamment la culture intensive du coton. Aujourd’hui le pays est mobilisé pour attirer des financements, moderniser les systèmes d’irrigation et introduire de nouvelles cultures. Le manque d’eau est un problème pour l’ensemble des pays d’Asie centrale, avec des conflits d’usages qui nécessitent une coordination régionale.

Notes de fin

1 « La situation économique et financière de l’Ouzbékistan », Direction Générale du Trésor, 02/08/2023
2 « L’Ouzbékistan, champion de l’écologie ? », The citizen post, 27/08/2021
3 MONEGER LECLERC Jean, « Ce qu’il faut retenir de la visite d’Emmanuel Macron en Asie centrale », Novastan, 18/11/2023
4 Sixième rapport du GIEC, Impacts Adaptations et Vulnérabilités, Chapitre 10 sur l’Asie, 28/02/2022
5 ASIA PLUS, HUBERT Pierre-François, DE POLIGNAC Laure, AMARVAU, « En Asie centrale, une période de sécheresse s’annonce », Novastan, 08/11/2021

6VERCRUYSSE Quentin, « L’eau, paradigme essentiel de la géopolitique de l’Ouzbékistan », Conflit, 07/08/2023
7 POLONSKAYA Galina, « L’Ouzbékistan améliore son irrigation agricole face au défi climatique », Euronews, 27/07/2023

8 POLONSKAYA Galina, « Végétaliser le lit de la mer d’Aral : le pari de l’Ouzbékistan », Euronews, 04/09/2023
9 « Ouzbékistan : aux tréfonds des terres arides du plus grand pays enclavé du monde », FAO, 05/12/2021
10 COMBIER Etienne, « L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton », Novastan, 08/03/2020
11 CAUPIN Vincent, « Ouzbékistan : Produire avec une empreinte environnementale réduite sera un avantage compétitif », AFD, 16/05/2023

12 CARIOU Alain, « L’eau en Asie centrale », Les Cahiers de l’Asie centrale, N°25, 2015
13 GENTE Régis, « Rogoun, le barrage qui divise l’Asie centrale », Figaro international, 11/03/2012
14 OZAT Meray, « Afghanistan’s Canal Project Threatens Central Asian Water Security », Caspian Policy Center, 05/09/2023

15 VERGNE Charline, « En Asie centrale, la menace de plus en plus brûlante des guerres de l’eau », Magazine GEO, 07/08/2023


Bibliographie :
MONEGER LECLERC Jean, « Ce qu’il faut retenir de la visite d’Emmanuel Macron en Asie centrale », Novastan, 18/11/2023
GRAS CEDRIC, « En Afghanistan, les talibans creusent le canal de la discorde », Le Figaro, 07/11/2023
« Suez signe des accords de coopération avec l’Ouzbékistan, Environnement magasine, 06/11/2023
OZAT Meray, « Afghanistan’s Canal Project Threatens Central Asian Water Security », Caspian Policy Center, 05/09/2023
POLONSKAYA Galina, « Végétaliser le lit de la mer d’Aral : le pari de l’Ouzbékistan », Euronews, 04/09/2023
VERGNE Charline, « En Asie centrale, la menace de plus en plus brûlante des guerres de l’eau », Magazine GEO, 07/08/2023
VERCRUYSSE Quentin, « L’eau, paradigme essentiel de la géopolitique de l’Ouzbékistan », Conflit, 07/08/2023
« La situation économique et financière de l’Ouzbékistan », Direction Générale du Trésor, 02/08/2023
POLONSKAYA Galina, « L’Ouzbékistan améliore son irrigation agricole face au défi climatique », Euronews, 27/07/2023
CAUPIN Vincent, « Ouzbékistan : Produire avec une empreinte environnementale réduite sera un avantage compétitif », Agence Française de Développement, 16/05/2023
IMORVAN, JEROME Emma, « La lente prise de conscience de l’Asie centrale face à la sécheresse », Novastan, 28/04/2023
ECOLLET, « Le fleuve Amou-Daria exploité par l’Afghanistan : quelles conséquences pour les pays d’Asie centrale ? », Novastan, 18/04/2023
POLONSKAYA Galine, « L’Ouzbékistan multiplie les projets dans l’énergie solaire », Euronews, 21/12/2022
« En Ouzbékistan, Proparco finance deux parcs éoliens pour favoriser le développement des énergies renouvelables », 14/12/2022
KADIROV Jasur, « Énergie solaire, nucléaire : la France et l’Ouzbékistan parlent le même langage », Euractiv, 22/11/2022
Sixième rapport du GIEC, Impacts Adaptations et Vulnérabilités, Chapitre 10 sur l’Asie, 28/02/2022
« Au coeur des glaciers d’Asie centrale pour sensibiliser aux enjeux de la gestion de l’eau », Agence Française de Développement, 18/02/2022
« Ouzbékistan : aux tréfonds des terres arides du plus grand pays enclavé du monde », Food and Agriculture Organization, 05/12/2021
GRYNSZPAN Emmanuel, « Poussières et méthane troublent l’atmosphère de l’Asie centrale » Le Temps, 01/12/2021
ASIA PLUS, HUBERT Pierre-François, DE POLIGNAC Laure, AMARVAU, « En Asie centrale, une période de sécheresse s’annonce », Novastan, 08/11/2021
« L’Ouzbékistan, champion de l’écologie ? », The citizen post, 27/08/2021
SHAIKH Zaki, « L’Ouzbékistan et le Tadjikistan discutent de l’eau et de l’Afghanistan lors d’une réunion au sommet », Anadolu Ajansi, 14/06/2021
ENGOIAN Alda, « La mer d’Aral asséchée devient une zone d’innovations technologiques et écologiques », Courrier international, 19/05/2021
COMBIER Etienne, « L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton », Novastan, 08/03/2020
LONGERE Baptiste, SCHOLLAERT Geoffrey, « La nouvelle politique agricole ouzbèke peut-elle sauver les agriculteurs ? », Novastan, 18/12/2019
SABDULLA Eva, COMBIER Etienne, « La mer d’Aral n’est pas le seul problème écologique en Ouzbékistan », Novastan, 14/11/2018
VAZQUEZ Caroline, « Le Tadjikistan inaugure le plus haut barrage du monde », Le Figaro, 14/11/2018
« L’avenir de l’Ouzbékistan dépend de l’eau », Novastan, 04/06/2018
CARIOU Alain, « L’eau en Asie centrale », Les Cahiers de l’Asie centrale, N°25, 2015
GENTE Régis, « Rogoun, le barrage qui divise l’Asie centrale », Figaro international, 11/03/2012
CANS Roger, « L’Ouzbékistan sacrifie la mer d’Aral à l’irrigation », Le Monde, 20/08/1995
Sitographie :
https://www.afd.fr/fr/page-region-pays/ouzbekistan (site AFD)
https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/BMEncyclopedie/temperatureMensuellePM.jsp?codePays=UZB (températures maximales)
https://www.sade-cgth.fr/ouzbekistan/ (projet avec Suez à Samarcande)
https://www.ecolex.org/fr/details/legislation/law-no681-i-amending-law-of-the-republic-of-uzbekistan-on-water-and-water-use-of-6-march-1993-lex-faoc075176/?xpage=None&q=uzbekistan (loi sur l’eau 1993)