Est-on face à une nouvelle affaire d’espionnage ? Un an de prison a été requis ce lundi 23 février contre le commandant du pétrolier arraisonné au large de la Bretagne en septembre dernier. Il comparaissait aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Brest. L’enquête a également révélé la présence de deux employés d’une société de sécurité privée russe à bord du navire.
L’opération était inédite. En septembre 2025, des militaires français arraisonnaient un pétrolier de la flotte fantôme russe au large de la Bretagne. À bord se trouvaient deux hommes de nationalité russe. Officiellement, ils étaient agents de sécurité, mais leur profil proche des services de renseignement russes interroge. Le premier est âgé de 34 ans. Le second, âgé de 38 ans, est un ancien policier et membre du groupe Wagner.
Que faisaient-ils à bord ? Le capitaine n’en savait rien, selon son avocat, Me Henri de Richemont : « Son armateur lui a demandé d’avoir deux ressortissants russes à bord. Le capitaine n’avait aucune raison de ne pas accueillir à son bord les personnes que lui demandait d’accueillir son armateur », explique le conseil, qui assure que son client « ne savait rien » des raisons de leur présence à bord.
Une société aux critères de recrutement curieux
Les deux hommes travaillaient pour un groupe russe privé, Moran Security Group. Sur le site de la société, on peut notamment lire dans leur mission : « opérations de renseignement ». Leurs annonces de recrutement vont encore plus loin : « La préférence sera accordée aux anciens officiers ou sous-officiers ayant servi dans des unités des forces spéciales (…) et ayant effectué au moins deux missions. »
La flotte fantôme russe est utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, mais elle permet aussi au Kremlin d’obtenir des renseignements militaires, selon cet expert : « L’observation des côtes, l’observation des mouvements, les mouvements électromagnétiques, pour voir s’il y a des troupes qui bougent notamment. La question des câbles sous-marins, qui transportent un certain nombre d’informations, et parfois on va jusqu’à l’exfiltration d’agents », précise Florent Parmentier, géopolitologue.
Contacté, Moran Security Group n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Le reportage peut être visionné ici.
