La France doit jouer un rôle pivot en Ukraine

photo_1419860437337-1-HD

François HOLLANDE, Angela MERKEL,
Valdimir POUTINE et Petro POROCHENKO,
le 6 juin 2014 en Normandie

 

Cyrille BRET – Florent PARMENTIER – 5 février 2015

Lors de sa conférence de presse du 5 février, le Président de la République, François HOLLANDE, a annoncé une initiative et un déplacement franco-allemand à Kiev et à Moscou. Certains diront que la France se disperse et s’éloigne de son théâtre privilégié d’action : le  Mali, le Sahel et le Moyen Orient. Mais les plus attentifs s’écrieront : « enfin »!

En effet, la France jouit d’un statut singulier dans la situation actuelle car elle est dans une  position triplement favorable. Elle est en mesure de dégager une synthèse en Europe entre, d’une part, les Etats-membres du nord et de l’est (Etats baltes, Pologne) directement intéressés et partisans de la tension avec la Russie et, d’autre part, les Etats-membres du sud et de l’ouest, moins concernés et thuriféraires de l’apaisement (Espagne, Italie).

De surcroît, la France est capable de faire jouer sa position équilibrée et non-partiale vis-à-vis de la Russie : sa tradition de non alignement sur les Etats-Unis, sa faible dépendance à l’égard du gaz russe, la suspension de la livraison des BPC, etc. en font un acteur dépassionné de la crise. Elle est dans l’OTAN mais n’a jamais soutenu l’extension de l’OTAN à l’est.

De plus, la France est en situation de prendre le rôle de chef de file du dialogue avec la Russie en s’appuyant sur le triangle de Weimar et ainsi répondre aux attentes placées dans l’Allemagne mais largement déçues. Elle palliera aussi le désintérêt structurel américain (pivot vers l’Asie et priorité aux dossiers iraniens pour la fin du dernier mandat du Président Obama) combiné à une pression russophobe médiatique (visites récurrentes de MM. Biden, Kerry et McCain).

La France est en outre en situation mettre en œuvre son prestige militaire et son crédit international pour engager un rapport de force et ensuite établir des scénarios de sortie avec les autorités russes. Le rapport de force est, pour la Russie, non pas la fin de la négociation mais sa condition de possibilité. La France est la seule à combiner dureté des sanctions et élaboration d’un scénario de sortie de crise.

Ce qui se jouera à Moscou et à Kiev dans les jours qui viennent, c’est tout simplement la capacité de la France promouvoir ses intérêts nationaux militairement sur son flanc sud (Sahel) et diplomatiquement sur le flanc est (Ukraine).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s