Quatre raisons pour lesquelles l’Allemagne est incontournable en Ukraine

713734-ukraine-hollande-merkelA. MERKEL, P. POROCHENKO et F. HOLLANDE
le  5 février 2015 à Kiev

Jean LANOTTE – 6 février 2015

Abstract : Der deutsch-französische Reise in Ukraine und Russland zeigt die wesentliche Rolle, die Deutschland seit dem Anfang der Krise spielt. Diese deutsche Führungsposition innerhalb Europas erklärt sich aus folgenden vier Gründen, und zwar die historiche Bündnis zwischen die DDR und die UdSSR, die folgende diplomatishce und wirtschaftliche Beziehungen, das vernünftige Verhalten Deutschlands bezüglich der Krise in der Ukraine und die Persönlichkeit der deutschen Führung. »

L’annonce de la visite d’Angela Merkel et de François Hollande en Ukraine puis en Russie, afin de rencontrer tour à tour les présidents des deux pays, confirme le fait que l’Allemagne soit devenue un acteur incontournable dans la résolution de la crise ukrainienne. Quatre facteurs pourraient expliquer cette situation.

Russophilies allemandes

Tout d’abord les liens historiques qui unissent les deux pays. Sans remonter à Frédéric II, il convient de garder en mémoire les quarante ans passés par une parti e de l’Allemagne (cinq Länder : la Saxe-Anhalt, la Saxe, le Brandebourg, le Mecklembourg-Poméranie, la Thuringe – et Berlin-Est.) sous la dictature communiste de la République démocratique allemande (RDA), « pays frère » de l’URSS. A l’époque, de nombreux liens économiques, stratégiques et culturels furent liés et sont restés vivaces, la disparition de ces deux Etats ne remontant somme toute qu’à une trentaine d’année. La russophilie d’une partie de la population allemande, notamment chez les sociaux-démocrates et les communistes, date de cette période.

La force du commerce

De ces liens historiques découlent des liens diplomatiques et économiques importants. Ils ont été développés et renforcés sous Gerhard Schröder, chancelier social-démocrate entre 1998 et 2005. On peut citer par exemple, la mise en place en 2001 d’un sommet bilatéral annuel, le Petersburger Dialog, dont la suspension par Berlin en 2014 a été vivement critiquée en Allemagne comme en Russie. Actuellement, l’Allemagne est le deuxième partenaire commercial de la Russie (après la Chine), le premier au niveau européen. En 2012, elle représentait 7 % des exportations russes (soit près de 43 Mds €) et 12 % des importations russes (soit près 38 Mds €). En 2013, même si le volume des échanges a été moindre , les proportions sont restées les mêmes. En outre, près de 35% du gaz naturel consommé en Allemagne est russe et, d’après, le ministre de l’économie et de l’énergie, Sigmar Gabriel (social-démocrate), il n’y a pas « d’alternatives raisonnables ».

L’Allemagne étonnamment ferme dans la crise ukrainienne

Or, malgré ces liens étroits et ces intérêts important, depuis le début de la crise ukrainienne, Berlin tient un discours mesuré mais ferme, lançant de nombreuses initiatives sans cesser de rappeler à Moscou les limites à ne pas dépasser. A la suite de l’annexion de la Crimée, l’Allemagne n’a en effet pas hésité à demander la mise en place puis à soutenir le renforcement de sanctions économiques européennes contre la Russie. Cette position en fait un partenaire crédible pour les deux camps.

Des liens personnels étroits

La personnalité des responsables politiques allemands joue un rôle important. La sévérité du président Gauck à l’égard du président russe constitue à cet égard une exception. A la différence des autres responsables européens, la chancelière chrétienne-démocrate, Angela Merkel, en place depuis 2005, bénéficie d’un réel respect et d’une forte crédibilité. Ayant grandît en RDA, russophone confirmée, elle connaît bien la Russie et y a voyagé de nombreuses fois. Depuis le début de la crise, elle s’entretient quotidiennement – et directement – avec le président russe. Autre acteur important, le ministre des affaires étrangères social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier, est un diplomate reconnu et apprécié. En témoigne notamment l’organisation le 21 janvier dernier d’une réunion à sa résidence berlinoise entre les ministres des affaires étrangères française, ukrainiens et russes pour tenter de désamorcer la crise. Et si le non-respect des accords de Minsk et l’échec de la réunion du groupe de contact, le 2 février dernier, déçoivent les espoirs de cette réunion, le ministre allemand continue d’appeler au cessez-le-feu et au rétablissement du dialogue.En gardant une position mesurée, à la différence du Royaume-Uni ou sur de Pologne, la France est restée le partenaire diplomatique de choix pour l’Allemagne, qui, depuis le début de cette crise, s’impose comme le chef d’orchestre de la diplomatie européenne.

 

 

 

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