Le rêve européen de la Géorgie: Georgia’s European Ways

Florent PARMENTIER

Le vendredi 25 mars 2016, le Ministre géorgien des affaires européennes David BAKRADZE (photo) était présent à l’Académie diplomatique internationale de Paris afin de présenter un ouvrage recueillant diverses contributions, intitulé Georgia’s European Ways. Political and Cultural Perspectives.

Un livre qui traite du « rêve européen de la Géorgie » à l’heure où les observateurs se concentrent sur « les cauchemars internes de l’Europe » (Brexit, crise des réfugiés, crise de la zone euro, référendum néerlandais sur l’Ukraine…). Il repose sur l’idée selon laquelle les identités sont des « communautés imaginées », d’après le mot de l’historien britannique Benedict Anderson.

Assurément, c’est la thèse du livre, la Géorgie gravite depuis plusieurs siècles autour de l’idée européenne : conscience d’un héritage commun, gréco-romain et chrétien, volonté de copier un modèle politique à suivre, ou quête de stabilité géopolitique dans un environnement contrarié expliquent cette volonté de rapprochement et marquent cet attachement.

Ce rapprochement s’est par exemple effectué en matière artistique à travers le modernisme géorgien, mouvement des années 1910-1920, à cheval sur trois périodes historiques clés pour la Géorgie contemporaine : la chute de l’empire russe, l’émergence de la République démocratique géorgienne et la soviétisation de la Géorgie. Le livre ne rechigne pas à des développements en matière artistique, ce qui donne bien davantage de profondeur au propos que d’arides statistiques macro-économiques ou de plates déclarations mises sur le devant de la scène.

A la chute de l’Union soviétique, c’est donc toute naturellement que la Géorgie a repris sa place, se trouvant à la croisée des chemins (Lela Ochiauri), entre l’Orient et l’Europe. L’expression est d’autant mieux choisie qu’à l’heure où des dissensions se font sentir en Europe, il faut concevoir la construction politique du continent comme une dynamique multiple et parfois contradictoire.

Les 11 chapitres de l’ouvrage tendent au final vers le même objectif : appeler l’Europe à ne pas se désintéresser de ses marges orientales, à ne pas rétrécir son horizon à mesure que les problèmes l’assaillent. Que l’on fasse le détour par le droit, par la culture politique (voir l’article sur la social-démocratie géorgienne par Stephen Jones) ou d’autres disciplines, on sera frappé par la richesse du propos. La Géorgie est peut-être cette « Europe en Asie » que mentionne Zurab Kiknadzé, si nécessaire à l’heure où l’Europe ne doit pas seulement survivre, mais aussi continuer à offrir ce qu’elle a de meilleur au-delà de ses frontières…

Géorgie

 

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