Les politiques d’influence de la Russie en Europe (BRET sur France 3)

Paul TAYLOR interroge Cyrille BRET pour le magazine de France 3, Avenue de l’Europe, sur la politique d’influence de la Russie en France et en Europe.

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La Russie a désormais son centre spirituel et culturel à deux pas de la tour Eiffel. Côté français, elle semble (presque) en odeur de sainteté chez les candidats à la présidentielle. Qu’est-ce qui les séduit à ce point chez Vladimir Poutine ? C’est « L’Œil de l’Européen » du magazine « Avenue de l’Europe » en février 2017 − celui du très britannique Paul Taylor.

Si les relations franco-russes (au programme du magazine « Avenue de l’Europe » le 16 février 2017) ne sont pas au beau fixe depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, elles ont déjà connu des périodes de grand rapprochement. Témoin, le pont Alexandre III, édifié à la fin du XIXe siècle, époque de la triple alliance contre l’Allemagne. Aujourd’hui, à deux pas de la tour Eiffel, la nouvelle cathédrale orthodoxe et école de langue s’inscrit dans une opération de séduction.

« Cette année 2017 est très importante pour les relations entre nos deux pays, souligne Vladimir Korotkov, chargé de mission auprès de l’ambassadeur russe. Elle marque par exemple le tricentenaire de la visite de Pierre le Grand, le tsar fondateur de Saint-Pétersbourg, en France. »

Côté français, un printemps russe semble frétiller

Côté français, un printemps russe semble frétiller, note Paul Taylor, journaliste britannique vivant à Paris et éditorialiste à Politico. François Fillon qui semble prêt à se jeter dans les bras de Vladimir Poutine, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, sans parler de Marine Le Pen… il n’y a guère que les Verts et certains socialistes pour prôner la fermeté à l’égard du Kremlin au nom des droits de l’homme.

Comment expliquer ce tropisme russe dans la classe politique française ? « C’est une tendance historique », rappelle Cyrille Bret, maître de conférences à Sciences-Po. Le rapprochement avec Moscou a même joué le rôle d’un « marqueur politique dans le processus de la primaire, permettant à François Fillon de se montrer un homme fort ».

Avant d’embrasser le maître du Kremlin, qui manie bruits de bottes, robinets du gaz, voire cyber-sabotage pour asseoir sa superpuissance sur la scène internationale, les candidats à la présidentielle française devraient pourtant y réfléchir à deux fois, estime Paul Taylor. En jeu, la solidité du couple franco-allemand…