Que reste-t-il de la superpuissance russe au delà de Vladimir Poutine? (PARMENTIER pour Atlantico)

Florent Parmentier a effectué un entretien pour la rédaction d’Atlantico le 29 mai 2017.

Quel bilan peut-on faire de la puissance de la Russie en termes économiques, militaires mais aussi en termes de politique intérieure et extérieure ? Est-ce que l’image de la puissance que l’on a de la Russie n’est pas surestimée pour chacun de ces points ?

 

Lorsque l’on aborde la question de la puissance russe, il convient de rappeler tout d’abord la taille immense de ce pays, l’intensité du climat continental qui règne sur une bonne partie du territoire, ainsi que la relative faible densité de population sur une bonne partie de cet espace. A ces dimensions géographiques s’ajoute une histoire où l’État a pu défendre la religion orthodoxe puis le pouvoir communiste international. Il s’ensuit de ces caractéristiques que l’un des problèmes essentiels pour la Russie est la gestion de cet espace à la fois immense et multinational. La Russie reste le seul pays voisin de la Finlande et de la Corée du Nord.

En outre, la Russie a depuis longtemps été caractérisée comme une puissance pauvre (selon l’historien Georges Sokolov), dans laquelle les ressources énergétiques ainsi que les matières premières ont un rôle important. Les dirigeants russes doivent donc surmonter des défis hérités du passé, à savoir adopter une approche dans laquelle la compétitivité et l’attractivité sont des objectifs recherchés, restructurer les secteurs stratégiques  et participer à un changement plus global des mentalités. Si Vladimir Poutine n’a pas réussi à changer de modèle de croissance, son assise sur le système politique reste réelle, par sa capacité à arbitrer entre différents groupes.

Au sujet de la modernisation militaire, il faut remarquer que si la Russie accuse un retard sur certaines technologies critiques, la “guerre hybride” qu’elle a menée en Ukraine montre qu’elle compense ses faiblesses par une inventivité opérationnelle et stratégique. Cependant, les dépenses militaires russes restent très inférieures aux dépenses américaines, dans l’absolu, mais également au regard des dépenses par soldat.

Concernant la diplomatie, la Russie, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations unies, est aujourd’hui présente dans de nombreuses crises internationales, de la Corée du Nord à la Syrie en passant par l’Ukraine. Son Ministère des affaires étrangères est craint dans les négociations internationales. De fait, à côté de sa puissance militaire, la Russie essaie de développer une politique d’influence propre, par le biais de différents relais, allant des médias à divers groupes de soutien. Cette politique a pu faire l’objet de contre-feux – et force est de constater que RT n’a pas l’audience de CNN, Fox News, BBC et autres médias internationaux.

Ainsi, le bilan de la puissance russe doit être effectué de la manière la plus nuancée et dépassionnée possible, dans la mesure où elle fait l’objet de beaucoup de spéculations. Elle doit être étudiée dans le contexte des différentes crises.

 

Pour lire la suite, voir :

http://www.atlantico.fr/decryptage/derriere-homme-fort-poutine-que-reste-t-vraiment-russie-superpuissance-passee-florent-parmentier-philippe-migault-3063540.html