Macron – Trump – Merkel : relations à géométrie variable (PARMENTIER pour Atlantico)

Après une visite d’Etat qui a duré 3 journées, Emmanuel Macron a pu céder la place auprès de Donald Trump à Angela Merkel, qui rencontrait le président américain ce 27 avril. Derrière la grande différence d’image entre les deux rencontres, qu’ont réellement obtenu les deux dirigeants européens face à Donald Trump ?

La visite d’Etat de trois jours d’Emmanuel Macron a connu un grand écho, tant en France qu’aux Etats-Unis et parmi les alliés européens. La Pologne, les Etats baltes et d’autres pays atlantistes au sein de l’Union européenne reprochait une posture française distante vis-à-vis des Etats-Unis ; cette visite vient tordre le bras à cet a priori. Toutefois, au-delà d’une belle présence médiatique, les gains du côté français sont faibles : quelles avancées a-t-on vu sur le climat ou l’Iran ?

Parallèlement, Angela Merkel se rend à Washington en faisant profil bas, puisqu’en plus des désaccords existant – largement partagés avec la France – sa relation de travail avec Donald Trump est mauvaise. La chancelière aura à cœur de défendre les intérêts des entreprises allemandes, notamment celles qui travaillent avec la Russie, dans le contexte connu d’accroissement des sanctions. La position allemande sur Nord Stream 2 sera discutée : les Américains peuvent-ils faire reculer les industriels allemands ? La pression américaine vise-t-elle à protéger les intérêts de l’Ukraine ou à encourager l’importation de gaz américain ? La sécurisation des infrastructures de gaz ukrainiennes pourrait fournir le prétexte à une coopération pragmatique entre la Russie, l’Ukraine et les Européens. Mais Washington souhaite-t-il vraiment aller dans cette direction. La question des taxes protectionnistes sur l’acier et l’aluminium est également dans l’air.

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Autre sujet compliqué sur le plan bilatéral germano-américain, particulièrement à l’heure des frappes franco-anglo-américaines en Syrie : la question des dépenses militaires. Malgré une hausse de 10% de son budget militaire, celui-ci ne représente que 1,1% du PIB allemand ! Tout juste confirmé par le Sénat, Mike Pompeo, nouveau Secrétaire d’Etat, fera pression sur l’Allemagne pour que l’objectif de 2% des dépenses soit atteint.

Dans quelle mesure cette différence de traitement protocolaire permet-il à Donald Trump de troubler le jeu interne européen ? Comment en envisager les conséquences dans le couple franco-allemand ?

Face à trois jours de visite d’Etat, la session de travail de trois heures paraît bien terne ; la différence de traitement ne devrait toutefois pas avoir de conséquences fondamentales sur le jeu interne européen. En effet, les deux Etats européens ont pu préparer leur stratégie en amont, grâce à une concertation préalable. Le jeu ne peut être troublé qu’à la condition que Donald Trump fasse des concessions, ce qu’il ne semble pas disposer à faire, ni sur le climat ni sur l’accord iranien.

Le match Macron Merkel : qui a obtenu quoi face à Donald Trump ?

Le couple franco-allemand a sa propre logique qui ne passe pas par Washington ; l’interaction franco-allemande est quotidienne, là où le déplacement outre-Atlantique est rare. L’Allemagne reste le premier partenaire économique de la France, et les deux Etats doivent travailler encore plus étroitement du fait du Brexit et de la marginalisation de l’Italie des affaires européennes.

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