Air France – KLM : des discours aux actes (PARMENTIER pour Atlantico)

En réaction à la montée au capital d’Air France par l’Etat néerlandais, Bruno Le Maire a déclaré : « il est essentiel de respecter les principes de bonne gouvernance et qu’Air France-KLM soit géré sans interférence étatique nationale ». Ne peut-on pas voir une problématique propre au gouvernement français à vouloir trop promouvoir l’idée européenne tout en oubliant parfois les besoins de préservation des intérêts nationaux ? Ne serait-ce pas rendre un service à l’Europe, sur ces questions économiques, que de privilégier également la « case nationale » ?

 

Les grandes compagnies nationales ont longtemps été considérées comme des acteurs stratégiques. KLM, l’entreprise nationale néerlandaise, a été fondée en 1919, Air France quelques années plus tard, en 1933. L’Alliance Air France – KLM est le résultat d’un certain nombre d’évolutions du marché aérien : une concurrence accrue au niveau international, l’arrivée des compagnies low-cost et l’émergence de nouveaux marchés ont contraint ces grandes compagnies à redoubler d’efforts pour rester compétitives. Cela a induit la multiplication des partenariats et des alliances. Ces évolutions ont conduit à la création d’Air France KLM par la fusion des groupes français et néerlandais en 2004. Laissant un sentiment de méfiance latent du côté de KLM, plus vieille compagnie encore active au monde, sentiment encore renforcé par les différences de compétitivité entre les deux entreprises. Depuis 2004, le chiffre d’affaires de KLM a presque doublé, alors que celui d’Air France a stagné.

A quoi vient-on d’assister ? L’Etat néerlandais vient d’acheter en toute discrétion des actions de ce groupe à la Bourse de Paris (acquérant 12,68% du capital), devenant ainsi le deuxième actionnaire du groupe après l’État français (14%). La présence capitalistique de l’État français n’est pas remise en cause par Bercy : on peut la justifier par le choix de l’État français de détenir des actifs stratégiques. Dès lors, comment dénier ce même droit de présence capitalistique de l’État néerlandais au sein d’une entreprise pouvant être considérée comme stratégique ? Il est difficile de reprocher à d’autres ce que l’on fait soi-même.

On peut effectivement reprocher à nombre de nos élites françaises de ne pas comprendre le fonctionnement et les évolutions européennes : la négligence vis-à-vis du Parlement en est un exemple flagrant. L’idée selon laquelle le poids politique de la France lui permettra d’éviter d’être montrée du doigt tout en restant parfaitement crédible et audible en est un autre exemple. La magie du verbe et de l’image ne suffira pas longtemps à masquer le double discours français, mal perçu par nos partenaires.

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