Poutine-Macron: enjeux et résultats de la rencontre à Brégançon

A l’occasion de la réunion du G7, organisée cette année à Biarritz, Emmanuel Macron a invité Vladimir Poutine au fort de Brégançon. Une nouvelle rencontre entre les deux dirigeants, au moment où le président russe est critiqué et où de nombreux dossiers internationaux restent encore à régler.

Comme le vent a tourné depuis le sommet du G20 à Brisbane en Australie… C’était il y a cinq ans seulement, en 2014. Vladimir Poutine s’était retrouvé complètement seul, faute d’avoir à qui parler lors de cette réunion internationale où ses homologues l’avaient tous interpellé sur le conflit ukrainien, l’accusant de soutenir les séparatistes pro-russes, ce qu’il niait alors.Barack Obama avait parlé de « menace pour le monde », Angela Merkel appelait à des « sanctions », le Premier ministre canadien n’était pas même sûr de vouloir lui serrer la main. Ce fût trop pour Vladimir Poutine, qui décolla tambour battant avant le communiqué final, sans demander son reste.Cinq ans plus tard, le vent a tourné donc… Petit vent nord nord-est avec quelques rafales en cette fin de journée, nous dit la météo marine pour la crique de Brégançon, où se situe le fort éponyme.Emmanuel Macron reçoit donc son hôte dans des conditions idéales en cette douce journée du mois d’août, de quoi entretenir comme le promet l’Élysée « un dialogue nourri et approfondi entre les deux chefs d’État, qui permette de mieux nous comprendre, de trouver des terrains d’entente et de converger sur l’essentiel ».Au-delà de la novlangue diplomatique, que peut-on attendre de cette rencontre ? Que va rapporter à la France le fait de se poser en intermédiaire entre la Russie et le G7, qu’elle accueillera cette semaine ? Peut-elle convaincre la Russie de détourner quelque peu son regard de la Chine, pour le poser plus souvent sur l’Europe occidentale… et le doit-elle ?L’Europe peut-elle se passer de la Russie ?

retrouvez l’émission ici : Bret Brégançon

Sur le contenu, nous n’obtiendrons pas de libération d’otages ou de concessions sur la question ukrainienne. Cette rencontre montre surtout qu’au nom de l’Europe, Emmanuel Macron est celui qui dialogue avec la Russie. C’est le message qui est envoyé à l’opinion publique française et européenne : le président français est celui qui fait le sale boulot en dialoguant avec le partenaire le plus difficile.Cyrille Bret

Les relations entre la Russie et l’Iran sont assez complexes sur plusieurs volets. Elle est un très ancien partenaire de l’Iran, lui livre des équipements militaires sophistiqués et est en contact avec les forces iraniennes sur le sol syrien. (…) La Russie n’a pas intérêt à ce que l’Iran développe sa capacité nucléaire car le pays est proche de certains territoires russes. La question est surtout de savoir s’ils sont en état de le faire. Galia Ackerman

Vladimir Poutine n’est pas quelqu’un de malléable, il a des idées très tranchées sur ce qu’il veut pour la Russie. Lorsque l’on veut jouer avec lui, on joue selon ses termes ou on ne joue pas du tout. Galia Ackerman

Macron se positionne en tant que représentant et porte-parole de l’Europe démocratique. Il veut jouer un rôle de leader dans les relations avec la Russie. Mais sa marge de manœuvre est très limitée, et ses déclarations sont restées vagues. Il reste difficile de savoir ce qu’il va réellement se passer. Anya Stroganova

Vladimir Poutine apparaît presque toujours comme un leader fort sur l’échiquier international. Mais en Russie, sa popularité est en train de baisser. Les manifestations actuelles sont révélatrices de cela et d’un changement de situation dans le pays. Anya Stroganova