De Varsovie àPrague : le réveil européen est-il encore possible ? (PARMENTIER – France Culture)

Cette semaine, l’arrêt du Tribunal Constitutionnel polonais affirmant la primauté du droit national sur le droit européen est entré en vigueur. Parallèlement, des milliers de citoyens attachés à l’appartenance à l’Union Européenne manifestaient, prouvant que le front pro-européen est encore bien présent en Europe centrale.

Faut-il vraiment craindre une sortie de la Pologne de l’Union Européenne ? Cette décision ne doit-elle pas plutôt se lire à l’aune d’un contexte national très spécifique, où les liens avec l’Europe ne sont pas remis en cause ? Qu’en est-il des valeurs qui divisent Varsovie et nombre de ses partenaires ?

Cette sortie serait hautement improbable si elle se faisait par le haut, à la manière du Brexit, en revanche elle est plausible par des jeux de surenchère internes au sein du PIS [parti polonais au pouvoir]. On peut imaginer que d’ici les élections législatives de 2023, il y ait jeu au sein du PIS pour se positionner par rapport à l’après Kaczyński. Florent Parmentier

D’autres raisons empêcheront la Pologne d’aller dans la direction [du Polexit] : en plus des bénéfices énormes qu’elle tire des fonds européens, l’opinion polonaise est massivement pro-européenne. Et, troisièmement, la géopolitique : le voisinage de la Pologne à l’Est fait réfléchir à deux fois. Jacques Rupnik

Florian Delorme reçoit Jacques Rupnik, directeur de recherche émérite au CERI/ Sciences Po et Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique d’HEC.

L’émission peut être écoutée ici.