Qui veut acheter un BPC Mistral ? (BRET sur Sputnik)

Le Parlement français se saisit aujourd’hui du dossier récurrent des BPC Mistral. Alors que les négociateurs français et russes sont récemment parvenus à un règlement sur l’annulation de la vente des Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) de classe Mistral, plusieurs rumeurs se sont développées, durant les derniers jours, autour de la vente des BPC à d’autres Etats. En effet, le 9 septembre, un des deux bâtiments initialement destinés à la marine russe, le Sébastopol, a quitté plusieurs heures durant les chantiers de DCNS à Saint-Nazaire. Suffisamment pour relancer les spéculations sur les Etats souhaitant acquérir cet équipement constituant un véritable attribut de puissance. L’agence de presse russe Sputnik (RIA Novosti) a interviewé Cyrille BRET moins pour deviner l’identité des potentiels clients que pour rappeler l’ensemble des contraintes (techniques, opérationnelles, stratégiques, etc.) qui pèsent sur la commercialisation de tels équipements de défense.

Retrouvez l’interview complète sur : http://sptnkne.ws/H8j

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Cyrille BRET à Sputnik :

« Les Etats susceptibles d’acquérir et capables d’opérer un Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) de classe Mistral sont finalement assez peu nombreux.

Pour des raisons financières d’abord : même si l’annulation de la vente de DCNS à Rosoboronexport entraînera une décote, un BPC de cette classe a nécessairement un prix de l’ordre de 1/2 milliard d’euros et des coûts récurrents importants en maintenance notamment.

Pour des raisons stratégiques ensuite : la France ne peut céder cet attribut de puissance qu’à des Etats qu’elle considère comme partageant ses intérêts stratégiques dans les zones de conflit : par exemple, au Moyen-Orient, ses alliés dans la lutte contre les mouvements djihadistes et tout particulièrement Daech.

Pour des raisons opérationnelles en outre : l’acquisition d’un BPC n’a de sens que si on dispose de flottes d’hélicoptères, de troupes aéroportées, de forces spéciales ou encore d’une marines conséquentes et entraînées. En effet, un BPC ne sert à rien seul. En revanche, il donne un avantage décisif, au sein d’une coalition, pour les opérations combinant les trois dimensions (air, terre, mer) ainsi que la dimension cyber.

Pour des raisons technologiques enfin : les BPC exigent des personnels très qualifiés, longuement entraînés ainsi que des opérateurs de maintenance au fait des technologies actuelles.

A l’heure actuelle, hormis la Russie, les puissances régionales ou émergentes sur l’échiquier mondial sont l’Arabie Saoudite ou l’Egypte au Moyen-Orient, l’Inde et Singapour en Asie du Sud, ou le Canada de l’autre côté de l’Atlantique. Elles cadrent avec cette somme de contraintes financières, stratégiques, tactiques et techniques. Reste à savoir s’ils choisiront d’ « acheter français. »

2 commentaires

  1. Un point à ne pas négliger concerne l’infrastructure. Rares sont les bases navales disposant de quais capables d’accueillir de tels bâtiments. Or la construction d’un quai coûte cher et prend du temps.

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