Stratégies maritimes en Golfe de Guinée (PARMENTIER pour Dialogues Stratégiques – HEC Center for Geopolitics)

Florent PARMENTIER a participé à la 3e édition des Dialogues Stratégiques, événement organisé par le Centre de géopolitique de HEC Paris  et l’OCP Policy Center,  en tant que président de la session sur les stratégies des acteurs extérieurs dans le Golfe de Guinée. 

 

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Dans son propos introductif, Florent Parmentier rappelle que lors de la conférence de Berlin de 1884- 1885,  les Européens s’intéressent de près à la géopolitique du Golfe de Guinée. Ils se partagent en effet à cette occasion les terres africaines. De plus,  cette conférence est l’occasion d’un nouveau débat franco-allemand,  au sujet du principe de liberté de navigation et de commerce : celui-ci est défendu par l’Allemagne, qui féraille avec succès contre l’idée d’un monopole commercial avec les métropoles, plus conforme aux souhaits français. Il faut noter cependant que la plupart des enjeux maritimes tels que nous la comprenons aujourd’hui ne pouvaient être traités à l’époque : la question des zones économiques exclusives ne s’est posée qu’à partir du début du 20e siècle. Quant aux problématiques contemporaines d’économie bleue, responsable et durable, concernant les énergies marines renouvelables (EMR), la biodiversité ou la gestion des stocks halieutiques, elles restent des enjeux du 21e siècle. Les grands acteurs internationaux avait toutefois déjà compris au moment de la conférence de Berlin que la question maritime est un fait essentiel de la géopolitique régionale,  puisque l’espace maritime se trouve constitué à la fois un espace de concurrence,  de rivalité  et de coopération.

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De nouveaux acteurs extérieurs ont investi le Golfe de Guinée : à côté des acteurs classiques comme la France et la Grande-Bretagne, des grands acteurs internationaux que sont les États-Unis et la Chine,  se trouvent aujourd’hui le Brésil, le Japon ou encore le Maroc. Quant aux grands acteurs multilatéraux,  on notera avec intérêt la tenue le 15 octobre 2016 du premier sommet de l’Union africaine sur la sécurité maritime, ainsi que la définition par l’Union européenne d’une stratégie du Golfe de Guinée en 2014.

Dans quelle mesure ces acteurs peuvent-ils déployer une stratégie efficace dans la région ?

Les acteurs extérieurs doivent tout d’abord répondre à des menaces : la piraterie, qui prend dorénavant ici plus de place que dans le golfe d’Aden ; la  mauvaise gouvernance, liée aux problématiques de l’insuffisance des capacités étatiques et de la corruption ; les questions environnementales, importantes du fait de l’existence d’une pêche vivrière ; les différents trafics, allant des êtres humains à la drogue.

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Au-delà de ces menaces, les acteurs extérieurs cherchent également à tirer le meilleur parti de diverses opportunités : c’est naturellement le cas de la question des ressources en hydrocarbures en mer ;  la région se distingue également par l’enjeu essentiel des stocks halieutiques ; la biodiversité constitue également un autre enjeu ayant trait à la fois à la question du développement durable et des opportunités de développement ; enfin, on ne saurait négliger l’importance des activités portuaires.

Ces différentes raisons conduisent à garder un œil attentif  au développement de la région, qui sera l’objet du volume 3 des Dialogues Stratégiques.