Crise migratoire en Italie (PARMENTIER pour Atlantico)

De par sa géographie, l’Italie est exposée plus que d’autres pays aux flux migratoires en provenance du Sud de la Méditerranée : Florent Parmentier répond aux questions d’Atlantico.

Le ministre de l’intérieur italien Marco Minniti a appelé une nouvelle fois à la solidarité ses partenaires européens pour gérer la crise migratoire et les flux de migrants qui débarquent tous les jours en Italie et menace de fermer ses ports si ses voisins n’ouvrent pas les leurs. Comment expliquer que nous en soyons arrivé à cette situation  et est-ce que la fermeture des ports est une menace crédible ou est- ce que cela tient plus de la déclaration politique considérant les élections de 2018 qui approchent à grand pas ?

 

La situation actuelle de l’Italie tient à sa situation géopolitique, à la transformation de son système politique et à un engagement européen certain.

Depuis un quart de siècle, la géopolitique italienne a fortement évolué, notamment sous l’effet de l’effondrement du bloc de l’Est. Elle a su développer ses relations avec l’Europe du Sud-Est, l’ex-Yougoslavie et l’Albanie, mais aussi l’Europe Centrale. Dans le même temps, ce pays de montagnes et de collines (respectivement 35% et 42% du territoire) conserve un attrait irrésistible pour la Méditerranée, son ouverture naturelle : l’Italie dispose de près de 7500 km de côtes. La position géopolitique de l’Italie la met également aux premières loges de la crise des migrants.

Ensuite, son système politique, composé pendant plusieurs décennies des socialistes, communistes et chrétiens-démocrates, s’est effondré dans les années 1990 sous le poids des affaires (opération Mani pulite). Après Silvio Berlusconi, magnat italien et sorte de Donald Trump des années 1990-2000, le système est actuellement remis en cause par le mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle), qui manifeste son hostilité aux migrants, à tout le moins son refus du droit du sol aux enfants d’étrangers nés en Italie et la maîtrise des flux migratoires.

Enfin, en dépit de l’euroscepticisme de Movimento 5 Stelle, l’Italie demeure l’un des six Etats fondateurs de l’Union européenne. Schématiquement, les régions dynamiques de l’Italie du Nord ont une tradition établie de commerce avec le reste de l’Europe depuis le Moyen-âge, profitant du marché unique, tandis que les régions périphériques voient dans l’Europe une source d’aide. L’attente envers une Europe qui fonctionne y est donc forte, et participe de la reconstruction de l’identité italienne après la Seconde Guerre mondiale.

Dans ses conditions, l’attente des Italiens envers les partenaires européens est parfaitement compréhensible.

 

Pour lire la suite de l’article, voir :

http://www.atlantico.fr/decryptage/alerte-crise-migratoire-en-italie-dossier-brulant-en-vue-pour-gouvernement-francais-3099365.html