Salmane à Moscou (PARMENTIER cité dans L’Orient-Le Jour)

Philippe Pernot, journaliste à L’Orient – Le jour, a interrogé Florent Parmentier à l’occasion de la visite du roi Salmane

Le roi Salmane d’Arabie saoudite est attendu au Kremlin aujourd’hui. Le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, a d’ores et déjà annoncé la teneur de ce déplacement historique. « Notre principal espoir est que cette visite donne un nouvel élan aux relations bilatérales, parce que leur potentiel est bien plus riche que la situation actuelle. La Russie est intéressée par un dialogue, en particulier sur le Moyen-Orient et la Syrie », a-t-il déclaré lundi. Alors que des délégations des deux pays avaient déjà échangé sur les différends entre Moscou et Riyad, cette rencontre revêt un caractère particulier. « La visite du roi est spectaculaire, car il est vieux et malade, et ne voyage plus beaucoup », explique Olivier Da Lage, spécialiste des pays du Golfe, à L’Orient-Le Jour. En effet, le dernier déplacement officiel du monarque de 82 ans remonte à sa tournée asiatique en février dernier. Mais ce réchauffement des relations entre Moscou et Riyad avait déjà été annoncé par la nomination du prince héritier Mohammad ben Salman, qui avait déjà servi d’intermédiaire entre les deux pays.

 

Résultat de recherche d'images pour "Mohammed ben Salmane"

 

L’or noir va sans doute constituer un point majeur de la discussion entre la délégation saoudienne et ses hôtes. « Les deux pays sont confrontés au problème majeur qu’est la baisse des cours du pétrole. Ils vont chercher à le redresser ensemble », analyse Olivier Da Lage. Alors que le prix du baril avait chuté de 105 à 28 dollars entre 2014 et 2016, les économies russe et saoudienne, qui dépendent de 70 à 80 % des revenus pétroliers, avaient été dramatiquement affectées. Couplées à ce choc, les sanctions que les États-Unis et l’Europe imposent à la Russie depuis 2014 ont mené à une récession, dont le pays commence tout juste à sortir. La rencontre entre le roi Salmane et le président Poutine va donc certainement aboutir à davantage de coopération dans le secteur pétrolier, d’autant que les entreprises russes Rosneft, Lukoil et Tatneft se sont déjà déclarées ouvertes à un travail commun avec Saudi Aramco.

« Cette ouverture s’inscrit dans une vision à long terme. Des investissements saoudiens dans la région arctique intéressent la Russie », confirme Florent Parmentier, maître de conférences à Sciences-Po Paris et spécialiste de la Russie. « Mais il s’agit aussi pour le royaume de concrétiser une partie de son plan Vision 2030, qui vise à diversifier l’économie saoudienne et à trouver de nouveaux partenaires », avance-t-il.

Pour lire la suite, voir : L’Orient Le Jour