Ukraine : doit-on craindre que la Russie envahisse le pays ? (PARMENTIER – RTL)

INVITÉS RTL – Une invasion de l’Ukraine par la Russie ne serait pas « rationnelle » selon Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF.

Vladimir Poutine, le 15 septembre 2021

Vladimir Poutine, le 15 septembre 2021

Crédit : Alexei Druzhinin / Sputnik / AFP 

Yves Calvi Marie Zafimehy publié le 20/01/2022 à 10:08

Vives tensions à la frontière ukrainienne avec la Russie : doit-on craindre un embrasement et peut-être même un conflit ouvert ? « Ce n’est pas le scénario majeur », tranche Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF et auteur des Chemins de l’État de droit (Presses de Sciences Po, 2014).

« Bien sûr, le pire ne peut jamais être exclu, mais il ne serait pas rationnel de la part de Poutine de lancer une invasion, ce qui lui rapporterait beaucoup plus de difficultés que d’avantages. » Selon lui, le Président russe cherche plutôt à affaiblir l’Ukraine, but qu’il peut atteindre « par d’autres moyens que l’invasion. »

Une opinion partagée par Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). « On peut espérer que ce soit une démarche assez classique finalement de marquer un rapport de forces afin d’être en meilleure position pour négocier », précise, l’auteur de La géopolitique tout simplement avec Anne Sénéquier (Éditions Eyrolles, 2021).

Si toutefois la Russie décidait d’attaquer l’Ukraine, l’Europe ne ferait « rien » selon Pascal Boniface. « L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, explique-t-il. Si la Russie attaquait la Lituanie, un pays balte ou la Pologne, il y aurait une réaction militaire de l’OTAN parce qu’ils sont liés par un traité. C’est fondamental. » Dès lors, les sanctions ne pourraient être que des sanctions économiques comme l’interruption des échanges interbancaires.

L’entretien peut être écouté ici.