La marathon téléphonique diplomatique de Donald Trump (LAGANE et PARMENTIER pour Altantico)

La première semaine du Président Trump a été haute en couleur : l’un des temps forts a été la série d’entretiens téléphoniques passée aux grands dirigeants de ce monde. Guillaume Lagane et Florent Parmentier reviennent sur cet épisode.

 

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Le Président Trump s’est adonné à un vrai marathon diplomatique téléphonique aujourd’hui. Shinzo Abe, Angela Merkel, François Hollande, Vladimir Poutine… Le tout sur fond de tension avec le Mexique et dans la foulée de la venue de Theresa May. Est-ce qu’il n’y a pas un risque diplomatique à enchaîner autant de dossiers dans la même journée? Ses prédécesseurs préparaient longuement chaque entretien pour éviter les surprises. Là aussi Donald Trump semble bouleverser les règles du jeu mais est-ce bien raisonnable et est-ce qu’il n’y a pas là un risque de froisser ses interlocuteurs ?

 

Florent Parmentier : Appeler ses homologues étrangers est une tradition diplomatique établie, et suivie de près : il s’agit de montrer une forme de familiarité à la fois avec la fonction présidentielle, mais également d’établir un contact direct avec les chefs d’État étrangers. Une autre de ces pratiques diplomatiques établies consiste à faire remarquer ses alliances privilégiées à l’occasion du premier voyage en tant que chef d’État : il n’est pas neutre qu’un chef d’Etat français opère son premier voyage à l’étranger à Berlin. Le fait que Theresa May soit la première dirigeante à rencontrer Donald Trump à domicile n’est pas anodin, à l’heure où la Grande-Bretagne essaie de montrer que le Brexit lui ouvre de nouvelles marges de manœuvre. Le premier chef d’Etat rencontré à l’étranger a de fortes chances d’être Vladimir Poutine, peut-être en Islande à l’occasion d’un sommet international, selon certaines indiscrétions.

Il ne faut pas prêter une importance exagérée à ces entretiens téléphoniques, qui font partie de la diplomatie publique. Il s’agit là pour l’essentiel d’établir un contact direct avec les différents chefs d’État Toutefois, s’il paraît évident que les équipes travaillent à la fois à travers des canaux établis et connus, elles s’activent également à envoyer un certain nombre de signaux qui passent par des canaux plus ou moins secrets et parallèle. La presse américaine et la russe aiment par exemple à souligner que des conseillers  américains sont très présents à Moscou ces derniers temps. Ce genre de contact téléphonique, en marge d’une diplomatie plus discrète, ne paraît donc pas exposer le Président à de grandes déconvenues.

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Par ailleurs, il est également normal et attendu qu’un nouveau Président puisse affirmer un style diplomatique qui lui soit propre, et qui peut éventuellement trancher avec les us et coutumes de ses prédécesseurs. Le risque de froisser ses interlocuteurs pourrait venir du faible temps accordé à l’un ou l’autre d’entre eux, ou à des remarques malencontreuses, et non du fait que plusieurs appels ait été passés au cours de la même journée.

 

Guillaume Lagane : cet enchaînement d’entretiens souligne l’originalité de Donald Trump qui souhaite une approche de businessman, fidèle à son livre « L’art de la négociation » et qui consiste à multiplier les contacts avec les grands de ce monde (…)

 

Pour en savoir plus, lire : http://www.atlantico.fr/decryptage/dangereux-marathon-diplomatique-donald-trump-2948988.html