Cessez-le-feu en Ukraine (PARMENTIER sur France 24)

Florent Parmentier était l’invité du journal de France 24 ce lundi 24 février, au sujet du cessez-le-feu en Ukraine.

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La conférence sur la sécurité de Munich (#MSC2017) a vu Mike Pence tenter de rassurer les Européens, en nuançant fortement les critiques du Président Trump sur une OTAN « obsolète » avec des Européens qui n’investissent pas ce qu’ils devraient en matière de défense. Par contraste, Sergei Lavrov a évoqué à cette occasion le monde « post-occidental » qui se profile, qui se situe dans le prolongement du vœux d’un monde multipolaire, qui se manifestait dès les années 1990.

C’est à ce moment qu’un nouveau cessez-le-feu se fait jour, sur fond d’un fort scepticisme concernant le format Normandie (Russie, Ukraine, France, Allemagne) à Kiev. L’aide débloquée par les Européens (18 millions d’euros) arrive à point nommé pour Kiev : la Russie a décidé de reconnaître des documents officiels en provenance des territoires séparatistes ukrainiens, des passeports aux divers certificats, ce qui fait craindre une « reconnaissance hybride » par les Russes de ces entités séparatistes, là où la Russie avance que cette reconnaissance a essentiellement un caractère humanitaire.

Pendant ce temps également, le New York Times a révélé l’existence d’un « plan de paix parallèle », autour de plusieurs personnes clés  à Washington et à Kiev dont Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump qui avait dû démissionner en raison de contrats passés avec l’ancien Président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Le contenu de celui-ci n’est pas clair – on parle du retrait des forces russes de la région ou du fait de considérer comme un « prêt » de 50 ou 100 ans la présence russe en Crimée – un scénario de type « Hong Kongais » (lorsque le Royaume-Uni s’était engagé à rendre ce territoire à la Chine). Nul doute que ce plan rencontrera de fortes résistances, tant le compromis qui s’est installé fait que les différents protagonistes ont plus à y perdre qu’à y gagner. Ce qui rend d’autant plus fragile le cessez-le-feu.

Pour en savoir plus concernant l’article du New York Times, lire : https://www.nytimes.com/2017/02/19/us/politics/donald-trump-ukraine-russia.html?_r=0